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Coup de projecteur sur trois figures emblématiques qui ont su mêler les genres à Hollywood

Howard Hawks, Katharine Hepburn et Cary Grant





Howard Winchester Hawks (1896-1977) réalisateur, producteur et scénariste américain propose une filmographie riche et éclectique.

Grâce à des mises en scènes fortes et inspirées, des dialogues de hautes volées et rythmés Howard Hawks a permis à des grands acteurs (Cary Grant, Katharine Hepburn, Lauren Bacall, John Wayne,…) de trouver parmi leurs plus beaux rôles.

Parfois taxé à tort de misogyne pour ses films mettant en avant des amitiés viriles (Seuls les anges ont des ailes, 1936 et Rio Bravo, 1959), ce réalisateur propose de nombreux personnages féminins très déterminés (Impossible Monsieur Bébé, 1946). Le genre qu’est la comédie lui permet même de tourner ses personnages masculins au ridicule et de suivre au plus près l’évolution de la société (Chérie je me sens rajeunir, 1952 ; Les Hommes préfèrent les blondes, 1954 et Le sport favori de l’homme, 1964) où les rapports de séduction s’inversent et où la femme est dominante au point de « laisser croire qu'elle est choisie ». Howard Hawks est sans conteste un des réalisateurs qui nous aidera au mieux à répondre à la question « Les genres ont-ils un genre ? ».

« Laissez les personnages raconter l'histoire pour vous. Ne vous souciez pas de l'intrigue. Moi, je ne le fais pas. »




Katharine Hepburn (1907-2003)

Une des actrices « hollywoodiennes » qui incarne le mieux la notion de trouble quant au genre et l’image de la femme au cinéma est sans aucun doute Katharine Hepburn.

Venue de la Nouvelle Angleterre, issue d’une famille aisée avec une mère actrice et suffragette, Katharine Hepburn a joué un rôle précurseur dans le cinéma Hollywoodien. Elle y incarnera de nombreux personnages de femmes non-conformistes. Elle débute sa carrière au théâtre puis tente sa chance à Hollywood où son caractère indépendant mais aussi son physique androgyne lui permettront d’afficher un talent et un charisme indéniables.

Avec de grands réalisateurs tels George Cukor cette actrice récompensée de nombreux prix dont 4 Oscars, offrira une panoplie de personnages ambigus (Sylvia Scarlett, 1935), avant-gardistes (Le Phalène, 1933 ; Madame porte la culotte, 1949) (Indiscrétions, 1940 d’après la pièce de Philip Barry qui s'inspira de la personnalité de Katharine Hepburn à la ville... ) ou encore indépendants (Les quatre filles du docteur March, 1933).

De nombreuses comédies qui marquent encore aujourd’hui l’histoire du cinéma et un jeu qui inspire de nombreuses actrices actuelles.

« Le caractère mauvais, l’âme fière et le corps solide » disait d’elle-même Katharine Hepburn.




 
Cary Grant (1904-1986)

Peu de gens connaissent Archibald Alexander Leach, et pourtant tout le monde connaît le pseudonyme de l’un des plus grands acteurs hollywoodiens, l’homme dont la classe a inspiré James Bond de Ian Fleming, et dont on disait qu’il avait un menton « en fesse d’ange » : Cary Grant. 

Né en Angleterre en 1904, l'acteur changea de nom lorsqu’il arriva à Hollywood en 1931 après avoir joué dans les comédies musicales de Broadway. Naturalisé américain en 1942, et décédé en 1986, Cary Grant représente l’archétype classique de l’homme séduisant, son pouvoir de séduction reposant sur un mélange unique de charisme et de sens comique dont semblerait s’inspirer aujourd’hui George Clooney. 

Preuve en est la série de films dans lesquels il a tourné, et regroupés sous le nom de screwball comedy (ce sous-genre de la comédie hollywoodienne mariant vivacité des dialogues et gags burlesques, comédie de situation et comédie romantique) : La Dame du vendredi, L’Impossible monsieur bébé, Allez coucher ailleurs, et Chérie, je me sens rajeunir de Howard Hawks; Cette sacrée vérité et Elle et lui de Leo Mac Carey; Indiscrétions de George Cukor. Soupçons, La Main au collet et La Mort aux trousses d'Alfred Hitchcock auront su quant à eux exploiter la part d’ombre de l’acteur. 

Cinq fois marié, l’acteur n’a pourtant jamais cessé d’être accompagné de rumeurs concernant ses orientations sexuelles. Il faut dire que, parmi ses meilleures prestations, le capitaine travesti en femme de Allez coucher ailleurs et le paléontologue obligé de revêtir des habits féminins dans L’Impossible monsieur bébé (premier film dans lequel le mot gay a historiquement le sens d’homosexuel) pouvaient entretenir le doute…