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D é c o u v r i r , a p p r e n D r e , c o n n a î t r e , é c h a n g e r

Octobre 2012 > Février 2013

« La crise. Quelles crises ? Sommes-nous condamnés à l’austérité ? »

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Lorsqu’à l’été 2007, l’édifice financier des crédits subprime commence à vaciller, personne ou presque ne se doute encore de l’ampleur du cataclysme économique et social qui s’annonce. En l’espace de quelques mois, des millions de familles américaines surendettées se retrouvent à la rue, incapables de rembourser leurs créances, sous l’effet d’une remontée brutale des taux d’intérêts et d’un affaissement du marché immobilier. Dans le sillage de la déréglementation et du décloisonnement des marchés financiers s’est constituée au fil des années une bulle spéculative assise sur des actifs financiers dérivés de ces crédits hypothécaires et à la consommation auxquels les ménages américains ont été poussés, faute de revenus suffisants, à souscrire pour l’achat de leur maison ou leurs dépenses courantes. La contagion s’étend rapidement au secteur financier où les crédits détenus sur les ménages, une fois transformés en titres négociables hautement risqués, s’échangent avec des taux de rendement toujours plus élevés à mesure que le risque de défaut augmente. La martingale prend définitivement fin le 15 octobre 2008 avec la décision de l’administration Bush de laisser Lehmann Brothers, l’une des plus grandes banques d’affaires américaines, faire faillite. S’ouvre alors le deuxième acte de la crise financière avec la dépréciation des actifs financiers dérivés de ces crédits, les fameux « actifs toxiques », que les banques ont habilement dissimulés en les mixant à des valeurs peu risquées à faible rendement. À nouveau, l’idée selon laquelle l’argent pouvait, par ses qualités intrinsèques, produire de l’argent s’est avérée être un leurre, une fantaisie aux conséquences graves, digne de ces alchimistes qui prétendaient pouvoir créer de l’or avec du sable. On connaît la suite. Face au risque systémique d’écroulement généralisé du système bancaire et d’une récession sans précédent, les États industrialisés interviennent massivement, non sans une certaine précipitation, pour purger les dettes des banques au bord de la faillite, les renflouer et leur permettre de se financer à nouveau pour irriguer l’ensemble du tissu économique. Dès 2009, de nombreux États, comme l’Irlande ou la Grèce, voient leurs déficits et leur taux d’endettement exploser. La crainte de les voir à leur tour faire défaut entraîne une hausse vertigineuse des taux d’intérêt exigés pour pouvoir continuer à se financer, les plaçant sous la coupe de leurs créanciers et des spéculateurs. En l’absence de véritable coordination des politiques économiques et de mécanismes de solidarité budgétaire, les plans de soutien successifs de l’Union européenne ne parviennent pas à éteindre à un incendie sur lequel l’austérité budgétaire prônée par la Commission européenne et l’orthodoxie monétaire de la Banque centrale européenne ne font que jeter de l’huile. Mais la messe n’est pas dite. Les peuples commencent à joindre leurs voix à travers l’Europe pour porter un nouvel horizon de développement fondé sur la coopération.

Christophe Ramaux inaugurera ce cycle pour retracer avec nous la généalogie de cette course vers l’abîme et proposer une alternative économique au néolibéralisme. Dans le déclenchement de cette crise d’une intensité inégalée depuis 1929, ont été pointés du doigt les excès de la finance (projection du film Margin Call au cinéma Louis Daquin). Pourtant, l’histoire du capitalisme est émaillée de nombreuses crises d’une ampleur variable mais dont la répétition invite à s’interroger sur leur nature et leur fonction sont-elles accidentelles ou consubstantielles au système capitaliste ? Peut-on les éviter dans le cadre d’une économie capitaliste de marché fortement financiarisée ? (Conférence de Christian CHAVAGNEUX). Alors que les tensions au sein de la zone euro issues de la crise des dettes souveraines (conférence de Bruno TINEL) menacent l’union monétaire d’éclatement, Jacques SAPIR ne voit pas d’autre issue, sinon à laisser l’austérité s’installer durablement dans la zone euro que d’organiser le retour aux monnaies nationales pour permettre à ces États de rétablir leur compétitivité. Faut-il sortir de l’euro ? Au-delà de l’analyse économique, les ingrédients composant cette crise - des mesures de libéralisation entreprises dans les années 1980 à la création de la zone euro - ont résulté de décisions politiques. Comment, dès lors, ne pas envisager des réponses… politiques ? (Rencontre-débat : « Crise économique. Solutions politiques ? »)