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Les Ethiopiques


La musique éthiopienne se caractérise principalement par des cuivres et un groove très singulier,  celui-ci tenant à l'isolationnisme de l'Ethiopie, seul pays d'Afrique à n'avoir jamais été colonisé (hormis la parenthèse italienne).
Les Ethiopiques est une collection regroupant une trentaine de disques dédiés aux chanteurs et musiciens éthiopiens des années 60 aux années 2000. Depuis une vingtaine d'années Francis Falceto, passionné de musiques éthiopiennes, a entrepris de rééditer les enregistrements du catalogue Amha Records, essentiellement de l'éthio-jazz. 



Mulatu Astatké, le père de l'éthio-jazz

Percussionniste de formation, il est considéré comme le père de l'ethio-jazz.  Après avoir voyagé et étudié à l'étranger, il retourne en Ethiopie et se joint à l'ébullition du mouvement moderniste qui agite la scène éthiopienne dans les années 60. D'Angleterrre et des Etats-Unis, il ramène des influences jazz et musique latine qu'il métisse avec la musique traditionnelle éthiopienne et donne naissance à l'ethio-jazz.

Toutefois, cette musique reste pendant près de 30 ans relativement confidentielle. Il faudra attendre Francis Falceto, et cette fameuse collection "Ethiopiques" pour faire découvrir cette musique si particulière au groove envoûtant et hypnotique : Tom Waits, Elvis Costello, Patti Smith, Robert Plant, le Kronos Quartet ou Arthur H, tous sont fans de cette collection.

En 2005, le film Broken Flowers de Jim Jarmusch achève de populariser le swing éthiopien. La musique de Mulatu est en effet un fil conducteur et le compagon de route du personnage incarné par Bill Murray.

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Mahmoud Ahmed, le crooner éthiopien 

Alors qu'il a commencé sa vie comme cireur de chaussures, il aura suffit qu'il remplace un soir, au pied levé, le chanteur d'un groupe  pour faire de lui "la première pop star éthiopienne. [...] Son timbre fonctionne très bien avec l'oreille occidentale. C'est pour moi sans aucun doute, une des plus belles voix d'Afrique avec celle de Salif Keita." affirme Francis Falceto. La chanson Erè Mèla mèla passe en boucle sur Radio Nova lors de la réédition du premier disque de Mahmoud Ahmed en 1986 ; la presse l'encense immédiatement un peu partout dans le monde. Grâce à la voix suave et chaude de Mahmoud Ahmed,  la musique éthiopienne a fait son apparition sur la scène internationale. 


 Alemayu Eshèté, le James Brown éthiopien

Il a été surnommé le James Brown ou l'Elvis éthiopien tant sont remarquables ses fureurs américanophiles. Pourtant, comme Mahmoud Ahmed, rien ne le prédestinait à une pareille carrière, son père y étant franchement opposé. A vingt ans, il est remarqué et enrôlé au sein du Police Orchestra avec lequel il connait son premier succès. Il faut savoir que les orchestres institutionnels étaient à cette époque, les seuls à être habilités à faire de la musique moderne. Plus tard, il quitte l'institution pour fonder un orchestre indépendant. 
Extrêmement prolifique, il est à la fois chanteur, auteur et compositeur. Il n'était pas rare qu'il passe des nuits blanches à composer puis qu'il sorte du lit son producteur à 6 h du matin pour enregistrer ses morceaux tant que l'effervescence de la nuit était encore là. Little Richard, Elvis presley, et Nat King Cole sont les influences qui ont été déterminantes pour lui. Ses chansons ont un ton paradoxalement moralisateur, quand on sait qu'elles ont été composées par "une véritable icone moderniste des sixties éthiopiennes." Cette modernité fut en réalité une véritable rebellion, comme à de nombreux endroits de la planète : c'est l'époque du festival de Woodstock et de mai 68 en France, pour ne prendre que ces exemples.   


  
 Gétatchèw Mèkuria, le roi du Shelléla saxophone

 
Autre musicien à avoir intégré le Police Orchestra, il a entre autre accompagné Alemayehu Eshèté. Il est rien de moins que l'inventeur d'un style musical très particulier. Il a en effet eu l'idée de transposer pour son instrument, un genre vocal : le shelléla. Celui-ci étant un chant guerrier traditionnel fait pour galvaniser les troupes avant une bataille, on imagine les riffs sauvages et l'énergie punk que cela peut produire. De fait, le Shelléla saxophone fut une sorte de précurseur du free jazz.  Pas étonnant que le collectif free jazz punk The Ex ait eu envie d'enregistrer un disque avec lui. Souvent, il revêt sur scène des parures symboliques : une cape figurant la dépouille d'un animal tué et la coiffe rappelant la crinière du lion.